LA CHRONIQUE DU PIED TENDRE du 5 juillet :
DEVINETTE APRÈS L'INAUGURATION D'ERROMARDI
Qu'est-ce qui est vert et microscopique sur cette plage ?
Le Pied Tendre a assisté, il y a de cela une huitaine de jours, à l'inauguration du nouveau front de mer d'Erromardi par J-F Irigoyen, en présence de M le Sous-Préfet et de divers représentants de la municipalité luzienne (le 29 juin).
Sensibilisé par l'effort de propagande déployé sur place par la Ville, à coup de grands panneaux publicitaires, et intéressé, en tant que contribuable Luzien, aux résultats d'un investissement dont la commune assure la plus grosse part (600 000 euros, contre 400 000 € restant à la charge de l' État et des collectivités territoriales) le Pied Tendre, alors qu'il se promenait sur la digue à la recherche (restée vaine) d'une douche au sortir de son bain de mer, est tombé par accident sur les "officiels" en pleine séance d'auto-satisfaction.
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Il les a écoutés, ravi de la clarté des explications fournies au public. Et a relevé quelques contradictions internes dans les discours inauguraux : de véritables chefs d'oeuvre attestant la grâce de la dialectique municipale. La presse locale ne les ayant pas relayés, non plus que les différents messages publiés sur les réseaux par l'exécutif luzien, décidément trop modeste, le Pied Tendre les a résumés et exposés à ses amis, Mme Ezkerra, M Bizarduna et M Cyclopède, qui sont toujours curieux de l'entendre déblatérer...
* M. le Maire a notamment bien expliqué à quel point "anticiper le recul du trait de côte" était l'alpha et l'oméga de sa politique et du partenariat passé entre Saint-Jean-de-Luz, la Région, le Département et la République : l'agglomération demeurant par ailleurs la propriétaire du barrage contre l'océan atlantique qui vient d'être conforté. Les discours des différentes autorités ont tous insisté sur le fait que, se différenciant en cela de certains voisins très imprudents et qui n'anticipent pas assez, les autorités locales, comme l'a souligné d'ailleurs le représentant de l'État, agissaient à Saint-Jean-de-Luz avec une prévoyance exemplaire : et, avant tout, pour
protéger "les activités économiques pré-existantes", décrites comme "légitimes" (sic) et apportant "un bénéfice au territoire" (re-sic). Face à l'érosion qui menace, nos édiles ont en effet prévu de s'adapter... en ne bougeant pas d'un pouce et en laissant les usagers des campings exposés à un risque majeur, à l'abri - précaire - d'une digue.
* Le Pied Tendre a également apprécié à sa juste valeur le très grand consensus régnant autour de cette réalisation bloquant l'estuaire du Grand Ichaka. Si les spécialistes de l'aménagement paysager présents ont fait remarquer que
la renaturation du site est très incomplète : l'un d'entre eux pointant l'absence d'arbres face à la plage (la chappe de béton recouvrant la digue - un ouvrage qui menace de s'écrouler en trois endroits au moins - ne permet que l'installation d'arbres en pots, comme sur la dalle Foch) tandis qu'un autre déplore la prolifération des pancartes et autres affiches indésirables ; ce ne sont là que broutilles, puisque le parking des arènes a été magnifiquement végétalisé. et les stationnements supprimés sur le front de mer - à part pour quelques uns des personnels des restaurants : mais cela ne compte guère, n'est-ce pas ?
* Un élu s'est particulièrement distingué par sa très bonne compréhension du dossier et des intentions de la commune. Croyant naïvement à la mobilité réelle de toutes les infrastructures, il a demandé publiquement confirmation que la digue serait démantelée d'ici à une dizaine d'années (pour laisser les flots impétueux de l'Océan faire leur travail d'érosion normal ?). Mais, heureusement, on a vite rembarré ce fâcheux, lui assénant que,
pour ce qui concerne le recul éventuel du trait de côte, un point sera fait en 2035, puis un autre en 2050. La commune verra bien, à l'issue de ces échéances, s'il y a ou non matière à reculer ! (ce sera donc le plus tard possible : le calendrier de l'anticipation se précise).
* Cette inauguration "en fanfare" a permis de noter que tout le monde est bien content du "lifting" réussi du site d'Erromardi. Notamment les sauveteurs, dont les locaux, en bois, sont agréables... et plus encore les cyclistes de passage, qui, sur leur vélo électrique, profitent d'un parcours sécurisé et d'une ambiance incitant au "développement durable" (?). En définitive, c'est une réalisation reconnue unaniment comme très efficiente, car son coût est très raisonnable, par rapport au résultat :
un million dépensé pour, essentiellement, "renforcer" la couverture d'un ouvrage en train de s'effondrer, et améliorer, pour un temps, l'aspect d'un site dédié au tourisme balnéaire.
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Gageons, s'est dit sur le moment le Pied Tendre, alors convaincu par la rhétorique des autorités, que le risque de précipiter, par le maintien la digue, la disparition programmée de la plage au sud de la rivière n'est qu'une méchante rumeur (il a appris depuis qu'aucune étude technique ne vient prouver ce fait - la municipalité n'ayant pas l'intention de la financer et d'étayer par là un soupçon fondé sur les observations du petit peuple local, toujours très peu avisé, comme on le sait bien).
Et le Pied Tendre d'adhérer aux promesses de M. le Maire d'engager demain de nouvelles dépenses entre Mayarko et Cénitz, pour compléter le dispositif luzien : un "endiguement" décidément voué à devenir un modèle de ce qu'il (ne) faut (pas) faire... du moins si l'on prétend réellement anticiper et accompagner le retrait du trait de côte.
Mais telles ne sont pas en réalité les ambitions immédiates de la Commune, en dépit de sa communication (délibérément confuse, au point que les élus en responsabilité semblent avoir du mal à l'interprêter).
Pour finir et après réflexion, le Pied Tendre a posé une devinette à ses interlocuteurs : Qu'est-ce qui est vert et microscopique, à Erromardi ?
On pense vien sûr à l'algue Ostreopis, responsable de la fermeture récente de la baignade à Guéthary et au Nord de Saint-Jean.
Mais il y a aussi l'accompagnement et l'anticipation du recul du trait de côte par la Ville ! Un slogan certes "très vert"... mais pour des réalisations délibérément insignifiantes (le déplacement du stationnement automobile, la mise en place de quelques équipement théoriquement mobiles : des bancs en béton, les aubettes des MNS).
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