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APRÈS LA PLUIE, LA SÉCHERESSE
Pendant que le Président de la République explique aux pompiers que la situation est grave et "sans pécédent depuis 1945" (alors qu'ils le savent mieux que lui et peuvent se souvenir de la manière dont lui, comme les autres autorités de la République, ont accueilli récemment leurs demandes de mise à disposition d'engins et de ressources suffisantes) des mesures d'économie commencent à s'appliquer un peu partout, y compris à Saint-Jean-de-Luz.....
>> Face aux incendies, comme aux inondations hivernales, devenues elles aussi plus nombreuses, on manque tout à la fois de main d'oeuvre qualifiée et de moyens (la flotte de CANADAIR, par exemple, est vieillissante, et insuffisante en nombre : on "bricole" des kits pour des AIRBUS A 400M dont ce n'est pas la vocation première, mais l'État n'a toujours pas décidé d'investir dans les bombardiers d'eau nationaux - plusieurs industriels ont pourtant proposé des prototypes !). Emmanuel Macron peut bien convoquer un conseil de Défense pour gérer le problème : il s'agira en effet, comme dans le domaine militaire, de constater d'abord son propre manque d'anticipation, soit l'absence de commandes par le gouvernement des armes nécessaires, en amont des crises (sanitaires ou autres)...
La raison de ces atermoiements est connue. D'une part, les finances publiques sont au plus mal (principalement en raison des exonérations fiscales consenties aux plus riches, dont on a encouragé le rôle actif que certains d'entre eux jouaient dans la désindustrialisation du pays) ; d'autre part, quand les budgets sont contraints, il importe plus encore que d'ordinaire que les gouvernants fassent des choix clairs et établissent des priorités. Tout le contraire du "en même temps" caractérisant notre époque....
>> Il faut déplorer, à ce sujet que l'adaptation au changement climatique, loin de figurer parmi les priorités des décideurs, demeure, en réalité, un principe auquel on rend hommage dans les discours sans jamais le mettre totalement en pratique dans les faits.
Au niveau parlementaire, nous pourrions citer, à titre d'exemple, le sort fait l'hiver dernier à la proposition de loi sur le changement climatique du député PS Fabrice Barrusseau (son examen a été reporté en Printemps et le texte, voté par l'Assemblée Nationale, ne sera du coup validé par le Sénat - ou non - qu'à l'automne prochain). Quant à l'aspect local du problème : nous avons déjà décrit dans ce blog (dans un billet d'humour) les contradictions affichées lors de l'inauguration de la digue d'Erromardi, puis tourné, avec l'ensemble des conseillers municipaux du groupe "Donibanen Bizi / vivre à Saint-Jean-de-Luz" un petit film soulignant le coût très élevé d'un équipement paradoxalement destiné essentiellement.... à retarder tout effort d'adaptation face au retrait du littoral causé par l'érosion. Une attitude qui ne nous paraît pas très responsable, tant au point de vue de la sécurité des populations exposées au risque naturel qu'au plan budgétaire.. et qui conduira tout citoyen (notamment à Saint-Jean-de-Luz où la complaisance de l'État a permis de mettre entre parenthèses le PPRI lors du réaménagement du centre-ville) à s'interroger sur la pertinence de certains partenariats entre les collectivités et l'État. Lesquels sont pourtant parmi les outils potentiellement les plus utiles pour gérer les risques : mais encore faut-il vouloir s'en servir !
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